- CENTRAFRIQUE - Actualité (1990-1996)
- CENTRAFRIQUE - Actualité (1990-1996) P align=centerRépublique centrafricaineTiraillé entre les injonctions de la Banque mondiale, qui exige une réduction des effectifs de la fonction publique, et les protestations des syndicats et des étudiants, le général Kolingba (au pouvoir depuis le coup d’État de 1981) doit de plus assumer les mauvais résultats de l’économie, touchée par l’effondrement des cours du bois, du café et du coton. Malgré la conclusion, en 1990, avec la Banque mondiale et le F.M.I., d’un troisième plan d’ajustement structurel et le rééchelonnement d’une partie de la dette par le Club de Paris, André Kolingba ne peut empêcher que la contestation sociale ne débouche sur de plus grandes exigences démocratiques. En avril 1991, il promet le multipartisme, mais, devant sa lenteur à définir un calendrier précis, les syndicats et les étudiants demandent la réunion d’une convention nationale et organisent une opération «villes mortes» qui paralyse totalement Bangui les 24 et 25 juin. L’arrestation de nombreux leaders syndicaux entraîne une dégradation du climat social. Le gouvernement légalise peu après 3 partis d’opposition et proclame une amnistie partielle. En 1992, A. Kolingba parvient à substituer à la convention nationale attendue un «débat national», boycotté par l’opposition; il s’ouvre le 1er août. Le même jour, la mort de Jean-Claude Congugo, chef de l’Alliance pour la démocratie et le progrès, au cours d’un affrontement entre les partisans de la démocratie et les forces de sécurité, suscite de fortes réactions. Repoussant les élections à plusieurs reprises, A. Kolingba étend son mandat de façon artificielle en 1993. En août 1993, le premier tour de l’élection présidentielle lui étant défavorable, il suspend le processus. En septembre, un second tour organisé sous la pression de la France porte à la présidence Ange-Félix Patassé, dont le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain obtient également la majorité relative à l’Assemblée nationale. Jean-Luc Mandaba forme un premier gouvernement en octobre.Le 11 janvier 1994, les dirigeants des 14 États africains appartenant à la zone franc (dont le Centrafrique) annoncent la dévaluation de 50 p. 100 du franc CFA. Cela permet au pays de renouer avec les organisations financières internationales et de recevoir une aide importante. Mais le F.M.I. suspend ses versements à la fin de l’année, le Centrafrique ne respectant pas ses engagements. Le 28 décembre 1994, le référendum constitutionnel recueille 82 p. 100 de votes favorables. Le taux d’abstention s’élève à 55 p. 100. La nouvelle Loi fondamentale instaure un régime semi-présidentiel et une large décentralisation. La refonte des instances judiciaires est prévue. Le 11 avril 1995, le Premier ministre Jean-Luc Mandaba, menacé par une motion de censure, démissionne. Il est remplacé par Gabriel Koyambounou qui constitue, le 17, un gouvernement composé exclusivement de membres de la majorité présidentielle. Durant l’année, le pays enregistre un très léger redressement de son activité économique.En avril, en mai et en novembre 1996, Bangui est le théâtre de mutineries organisées par des soldats appartenant à l’éthnie de l’ancien président Kolingba. À 3 reprises, l’armée française – dont le Centrafrique constitue la base de déploiement dans le continent – rétablit l’ordre. Ces actions contraignent le président Patassé, en juin, à nommer un Premier ministre issu de l’opposition, Jean-Paul Ngoupandé, à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Une trêve temporaire est conclue en décembre entre les rebelles armés et le gouvernement.
Encyclopédie Universelle. 2012.